Mardi 30 janvier 2007 2 30 /01 /Jan /2007 10:47

Le production du film a mis en place une stratégie très originale pour le lancement du film s'appuyant sur le net et ses possibilités virales.
Un jeu concours, une constellation de blogs et une avant première en ligne pour queqlues privilégiés qui ont pu voir le film le film en streaming ou download sécurisé surfanc.com et Vpod.tv

article paru dans le film français

Comment créer le bouche à oreille dans un marché toujours plus concurrentiel? En invitant une poignée d'internautes à une avant-première sur le net. C'est la solution retenue par Morgan Groupe et Pierre Grise, respectivement producteur et distributeur des Petites vacances. Porté par Bernadette Lafont, le film d'Olivier Peyon sortira le 24 janvier dans une cinquantaine de salles. Cofondateur du site filmfestivals.com, Bruno Chate­lin a été contacté par Morgane pour développer un marketing viral. C'est lui qui a proposé d'offrir des tickets virtuels permettant un visionnage des Petites ..

vacances en ligne pour une durée limi­tée. "Le film constitue en lui-même son meilleur atout, explique Bruno Chate­lin. Il fallait en profiter en appliquant à internet les techniques marketing de la salle." Une centaine de tickets sont à gagner sur le site lespetitesvacances-­lefilm.com et 1000 autres sur celui de la Fnac. Le visionnage est sécurisé afin d'éviter toute tentative de piratage. Dans la foulée, Les petites vacances pro­fitera d'une tournée en province avec le réalisateur et son actrice. Il sera aussi présenté au festival Premiers Plans à Angers. FF A. B.




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Mercredi 3 janvier 2007 3 03 /01 /Jan /2007 15:50

Participez au jeu concours du film Les Petites Vacances cliquez pour gagner

Dotation du concours

1 Croisière Notre Temps de 13 jours sur la Baltique pour deux personnes
Une belle navigation sur les eaux de la mer Baltique.
De l’Allemagne à la Suède, en passant par l’Estonie ou la Russie, cette croisière proposera de découvrir les charmes des majestueuses et pittoresques cités de Tallinn, Porvoo, Saint-Pétersbourg, Riga, classé au patrimoine mondial de l’Unesco.
*
5 week ends au Palace de Menthon sur le lac d'Annecy pour deux personnes en demi pension avec excursions*

10 places pour l’avant première avec l’équipe du film à Paris le 23 Janvier*
10 BO du film éditée par Peermusic France
25 abonnements de 3 mois au magazine notre temps
25 affichettes du film signées par le metteur en scène
50 places gratuites valables dans toutes les salles jouant le film
100 places pour visionner le film en ligne en intégralité sur fest21.com avec VPOD.TV
100 abonnements d'un mois offerts au service de location de DVD Glowria, formule Liberté (dvd illimité échange par 2). L’inscription et saisie de CB est obligatoire au titre de caution.
200 téléchargements gratuits d’un titre de la BO sur le site FNAC.COM

*Le voyage n'est pas pris en charge
 





Le jeu est ouvert jusqu’au 18 janvier à minuit Bonne chance à tous
Cherchez les réponses sur le site du film www.lespetitesvacances-lefilm.com. et participez en répondant aux questions !

Avec la complicité de nos Partenaires


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Le Palace de Menthon
L’hôtel 3* ou le film a été tourné: Superbe construction des années 1900, style néo-classique , idéal pour le travail et la détente dans un site unique au bord du lac d’Annecy
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La nouvelle plateforme de diffusion de contenus video et audio

www.fest21.com
La plateforme de videoblogs des professionnels du cinéma et des festivals. Le site propose des blogs permettant de diffuser de l'audio et de la vidéo avec une capacité de stockage gratuit de 500 M
Des blogs de festivals, de jeunes auteurs ou de fans sérieux...

www.filmfestivals.fr
Le portail international de l'actualité des festivals et des films de festivals. Depuis 1995 le site propose l'annuaire complet des festivals de cinéma du monde entier.
Tout sur les festivals: où, qui, quand, comment, combien, quels films, avec qui...
Toute l'actualité fraîche, les palmarès, les hommages, les interviews des professionels du circuit.




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Mercredi 20 décembre 2006 3 20 /12 /Déc /2006 01:38
Né en 1969 dans la région parisienne, Olivier Peyon a grandi à Nantes où après une licence d'économie, il décide de revenir à Paris pour travailler comme assistant de production, notamment sur les films d'Idrissa Ouedraogo.

Après un passage par le centre national de la cinématographie, il réalise 5 courts métrages dont PROMIS, JURE (1996) primé à Rennes, JINGLE BELLS (1997) sélectionné à la 54ème Mostra de Venise et primé à Brest, Sarlat, Brest et Rennes, CLAQUAGE APRES ETIREMENTS (2000) et A TES AMOURS (2001), primé à New York, Gardanne, Luchon, La Ciotat ; Ces deux derniers films étant nominés aux Lutins du courts métrages.

Parallèlement à la réalisation, il a traduit (sous-titres et/ou doublage) quelques cent cinquante films, dont LE VENT SE LEVE de Ken Loach, INTOLÉRABLE CRUAUTÉ, O BROTHER, THE BIG LEBOWSKI, FARGO des frères Coen, HIGH FIDELITY, HI-LO COUNTRY de Stephen Frears, TRAINSPOTTING, PETITS MEURTRES ENTRE AMIS de Danny Boyle, 4 MARIAGES ET 1 ENTERREMENT de Mike Newell, DANS LA PEAU DE JOHN MALKOVICH de Spike Jonze, COUP DE FOUDRE À NOTTING HILL de Roger Michell, USUAL SUSPECTS de Bryan Singer, HUMAN NATURE de Michel Gondry…

LES PETITES VACANCES est son premier long métrage. Il a été lauréat des Trophées du premier scénario CNC en 2003, a reçu le prix Gan du meilleur scénario au festival des scénaristes de la Ciotat et a été retenu pour les lectures de scénario du festival Premiers Plans à Angers en 2004, festival où le film sera projeté en avant première en 2007 lors d'un hommage cinquante ans de carrière de Bernadette Lafont.


Entretien avec le réalisateur :

LE PROJET

Derrière l’histoire d’une grand-mère qui kidnappe ses petits-enfants, il y a la volonté de raconter une histoire universelle, faire un portrait intime qui commencerait par la comédie avant de flirter avec le drame. Ça me semblait particulièrement approprié à cette femme qui se jette à corps perdu dans son rôle de grand-mère modèle, mais va devoir se réinventer en tant que femme. Derrière le vernis, je voulais filmer les craquelures, les fissures, d’où la volonté de tirer cette comédie “familiale” vers un drame de l’intime et peut-être un drame tout court.

LE PERSONNAGE DE DANIELE

Pendant l’écriture, je me souviens avoir avoué à Cyril Brody, le co-scénariste, "Danièle c’est moi !". Je cherchais le vertige dont on est pris quand on a l’impression que plus rien n’est possible, mais que tout pourrait l’être à nouveau si on consentait à faire face, à lâcher prise quitte à déraper. Ce sont des périodes de remise en question qui n’ont pas les mêmes répercussions ni la même intensité à chaque âge de la vie. "Il y a deux âges privilégiés pour se préoccuper du sens de la vie : l’adolescence où tout est en éveil, où l’inquiétude, qui peut être extrême, est matinée d’espoir sous-tendu par les forces vives en ébullition, et puis le moment de reconnaissance, l’intime conviction de la naissance de la vieillesse, de son parcours inéluctable, point de départ d’une interrogation à vous rendre fou sur votre devenir." J’ai découvert le livre Claude Olivenstein Naissance de la vieillesse après l’écriture du scénario, mais c’était vraiment de ces deux âges dont nous parlions. Danièle est institutrice à la retraite, habituée à son rôle de grand-mère parfaite, utile, efficace, pédagogue, toujours prête à brandir de vraies valeurs au lieu d’être dans la spontanéité et dans la sensation. Or, à l’occasion de ces petites vacances avec ses petits-enfants, elle dérape. Elle prend conscience qu’elle ne peut plus se satisfaire de ce rôle de "mamie utile" dans lequel elle s’est sûrement enfermée elle-même, elle prend conscience que sa petite-fille commence à avoir un corps de femme, séduisant, sexuel, un corps qu’elle croit avoir perdu. Tout l’enjeu du film, c’est d’observer comment ces deux femmes acquièrent, s’échangent et se transmettent cette féminité.

BERNADETTE LAFONT

Danièle est un personnage complexe, en demi-teinte, en contradiction. Elle dit une chose, mais son corps en exprime une autre. Elle voudrait être forte, mais n’est que fragilité ; elle se veut aimable, mais devient impulsive, presque violente ; elle veut tout contrôler alors qu’elle n’arrive même plus à se comprendre. Elle doit à la fois être sympathique, émouvante, un peu ridicule au début quand elle s’enferre dans son rôle de mamie, mais elle doit aussi nous apparaître inquiétante et menaçante à mesure que la situation dégénère. Bernadette Lafont apporte d’emblée une force au personnage, une possible violence qui évite d’en faire une victime, de sa famille ou de la société. Sa pétulance et son dynamisme rendent le personnage drôle et attachant, mais ce qui m’intéressait surtout, c’était de travailler sur la fragilité. C’est un vrai contre-emploi pour Bernadette qui a rarement joué des femmes en perdition. Pour travailler le rôle, nous avons cherché à faire ressortir sa douceur, ses fêlures, pour apporter au personnage complexité, profondeur et émotion. Elle a tout de suite aimé le scénario, même si elle se méfiait du personnage de Danièle, tellement loin d’elle. Conduire Bernadette à cet état de lâcher prise était pour moi un enjeu de taille, d’autant que je ne soupçonnais pas à quel point c’était nouveau pour elle. Avant le tournage, elle m’a spontanément proposé d’arrêter de se colorer les cheveux et de laisser sa couleur naturelle. Plus tard, elle a accepté de travailler avec très peu ou pas de maquillage. Elle m’a également étonné par sa franchise à parler de la raréfaction, les années passant, des occasions de se confronter à des personnages aussi forts que ceux qu’on a pu lui proposer par le passé. Ses problématiques de comédienne et de femme rejoignent celles du personnage et c’est sûrement ce qui explique son implication si forte dans ce projet.

DIRIGER LES ACTEURS

Plutôt que de les diriger, j’essaie de les "mettre en humeur". Il n’y a pas de méthode unique puisqu’il n’y a pas de comédiens identiques. Sur Les Petites Vacances, c’est d’autant plus vrai que Bernadette, Adèle et Lucas ont chacun une histoire humaine et cinématographique spécifique. Bernadette a la carrière qu’on lui connaît, Adèle était en pleine adolescence, avait tourné dans deux films mais jamais de premier rôle. Quant à Lucas, il n’avait que 6 ans et n’avait jamais tourné. J’avais donc trois façons totalement différentes de leur parler parce qu’ils n’attendaient pas la même chose de moi, c’est tellement intime le rapport avec un comédien... Pour les mettre en confiance, j’ai moi-même besoin d’être en confiance et donc de les connaître, pas de façon anecdotique ou factuelle, mais de comprendre comment ils fonctionnent. Après, je m’adapte.

LA MUSIQUE...

J’aime l’idée de "réalisateur-musicien". J’ai longtemps joué d’un instrument et quand j’écris un scénario, je dois trouver l’air, la chanson ou le genre musical qui correspond à l’atmosphère du film et qui m’aide à me mettre en condition. Avec Jérôme Baur, le compositeur, j’ai travaillé de façon aussi proche qu’avec le directeur de la photo et pendant le montage, c’était un aller-retour incessant entre le monteur et le musicien. Le film s’est vraiment nourri de la musique et inversement. Comme dans mes cinq courts-métrages, je suis toujours à la recherche d’un rythme propre à l’image, par les cadres, les mouvements de caméra, avec des pauses et des accélérations. Ici, la musicalité est renforcée par le côté road movie du film, l’aventure de Danièle et de ses petits-enfants étant ponctuée par les rencontres avec l’homme du palace (Claude Brasseur) ou Nicole (Claire Nadeau). Le personnage de Danièle, comme une ligne de basse, porte la mélodie du film qui se développe de séquence en séquence, pour changer de rythme quand elle se jette à l’eau et traverse le lac Léman en bateau. De l’autre côté, elle bascule dans une toute autre dimension, une toute nouvelle mélodie.

LA SCENE FINALE

Une question d’interprétation ! Certains pensent qu’en partant, elle va vraiment réfléchir avant de retourner vers sa famille, d’autres pensent qu’elle va se suicider, d’autres qu’elle va retrouver Brasseur... J’avais pleinement conscience de cette fin ouverte, même si je ne suis pas forcément d’accord avec toutes les interprétations, mais ce que j’aime, c’est que lorsque les spectateurs me livrent la leur, ce n’est plus de mon film qu’ils me parlent, mais d’eux.




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Mercredi 20 décembre 2006 3 20 /12 /Déc /2006 01:36

FILMOGRAPHIE SELECTIVE

1957 : Les Mistons, de François Truffaut
1958 : Le Beau Serge, de Claude Chabrol
1959 : À double tour, de Claude Chabrol
1960 : L'Eau à la bouche, de Jacques Doniol-Valcroze
1960 : Les Bonnes femmes, de Claude Chabrol
1961 : Les Godelureaux, de Claude Chabrol
1965 : Compartiment tueurs, de Costa-Gavras
1967 : Lamiel, de Jean Aurel
1967 : Le Voleur, de Louis Malle
1968 : Les Idoles, de Marc'o
1969 : La Fiancée du pirate, de Nelly Kaplan
1970 : Élise ou la Vraie Vie, de Michel Drach
1971 : L'Amour c'est gai, l'amour c'est triste, de Jean-Daniel Pollet
1971 : Out One, de Jacques Rivette et Suzanne Schiffman
1972 : Une belle fille comme moi, de François Truffaut
1973 : La Ville-bidon, de Jacques Baratier
1973 : La Maman et la Putain, de Jean Eustache
1975 : Vincent mit l'âne dans un pré (et s'en vint dans l'autre) de Pierre Zucca
1976 : Noroît, de Jacques Rivette
1978 : Violette Nozière, de Claude Chabrol
1982 : On n'est pas sorti de l'auberge, de Max Pécas
1983 : Cap Canaille, de Juliet Berto et Jean-Henri Roger
1985 : Le Pactole, de Jean-Pierre Mocky
1985 : L'Effrontée, de Claude Miller
1986 : Inspecteur Lavardin, de Claude Chabrol
1987 : Masques, de Claude Chabrol
1988 : Les Saisons du plaisir, de Jean-Pierre Mocky
1988 : Une nuit à l'Assemblée Nationale, de Jean-Pierre Mocky
1988 : Prisonnières, de Charlotte Silvera
1991 : Dingo, de Rolf de Heer
1992 : Ville à vendre, de Jean-Pierre Mocky
1992 : Sam suffit, de Virginie Thévenet
1994 : Personne ne m'aime, de Marion Vernoux
1996 : Rainbow pour Rimbaud, de Jean Teulé
1997 : Nous sommes tous encore ici, d'Anne-Marie Miéville
1997 : Généalogies d'un crime, de Raoul Ruiz
1997 : Sous les pieds des femmes, de Rachida Krim
1999 : Rien sur Robert, de Pascal Bonitzer
2000 : Un possible amour, de Christophe Lamotte
2002 : Les Amants du Nil, d'Éric Heumann
2002 : Les Petites couleurs, de Patricia Plattner
2006 : Prête-moi ta main de Eric Lartigau
2006 : Les Petites Vacances de Olivier Peyon



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Mercredi 20 décembre 2006 3 20 /12 /Déc /2006 01:35

Née à Nîmes, Bernadette Lafont se destinait à la danse. Elle entre à l'opéra de Nîmes où elle fait la connaissance de son futur mari Gérard Blain. À Paris, elle rencontre François Truffaut, qui lui offre son premier rôle dans Les Mistons (1957). Elle devient rapidement une figure représentative de la Nouvelle Vague. Elle a été l'héroïne de Une belle fille comme moi de François Truffaut et des films de Claude Chabrol comme Le beau Serge.
Elle interprète le rôle de Marie dans La Maman et la Putain (1973), de Jean Eustache, considéré par certains comme le dernier film marquant de la Nouvelle vague. La Fiancée du pirate de Nelly Kaplan, en 1969, lui permet de renouer avec le succès. Dans les années 1980, elle joue dans plusieurs films de Jean-Pierre Mocky, mais surtout dans L'Effrontée de Claude Miller en 1985 qui lui vaut un César.


Entretien avec Bernadette Lafont

LES PETITES VACANCES, PREMIER FILM, PREMIER ROLE

Dans les années 70, je portais entièrement des films, Une belle fille comme moi de Truffaut, La fiancée du pirate de Nelly Kaplan, mais à l’époque je n’avais pas du tout les mêmes armes pour aborder un rôle ! Je m’adorais ! Oui, je m’adorais ! Pour jouer Danièle, l’héroïne des Petites Vacances, j’étais un peu plus démunie, Olivier Peyon m’avait demandé de travailler quasiment sans maquillage. Quand on a été dans la séduction, qu’on a été connue pour ça, c’est compliqué... De ce point de vue, le tournage des Petites Vacances a été vraiment rude. Mais c’est aussi ce qui m’excitait, parce que là, c’est vraiment LE rôle de la soixantaine. C’est aussi l’occasion de pouvoir boucler la boucle, en quelque sorte, avec ce film qui arrive cinquante ans après avoir commencé avec Truffaut en 57. C’est un premier film, comme l’étaient ceux de Truffaut ou de Chabrol. Il y a quelque chose qui est logique dans ce parcours-là... J’avais une grande confiance en Peyon. Je savais que j’avais en face de moi, plutôt avec moi, un très bon chef d’orchestre, quelqu’un qui tenait son film. D’ailleurs, il me fait penser à un mélange de Truffaut et de Garrel. De Truffaut parce qu’Olivier est très rapide comme lui, qu’il a quelque chose d’un petit furet, et surtout, il a cette même manière très particulière d’être là, d’être vraiment avec les acteurs. Il me rappelle aussi Garrel, pour un certain sens de l’onirisme.

DANIELE, UN NOUVEAU REGISTRE

Quand je suis arrivée sur le tournage, je me suis dit : “Danièle est fragile... Comment je vais faire, costaud comme je suis, pour rentrer là-dedans ?” C’est un registre que je ne connaissais pas. Certaines actrices pleurent facilement mais moi, j’ai beaucoup de résistance de ce côté-là, énormément d’angoisse, dont je ne sais pas spontanément me servir. Quand on est comédien, on est à la fois le marionnettiste et la marionnette. Mais cette marionnette-là, il fallait la faire exister et je ne la connaissais pas du tout. Il fallait que je lâche quelque chose, que je m’abandonne. Par exemple, cette scène dans les toilettes, où je pleure, où je suffoque, c’est très nouveau pour moi. La difficulté consistait à toujours garder une tension intérieure, une immense rage. Sur le plateau par exemple, en dehors des prises, je ne me laissais jamais à aller à papoter comme je le fais d’habitude. Au contraire, je restais seule, je regardais ces paysages de montagne, grandioses, qui m’aidaient à ressentir le rien, la fragilité. Incarner le personnage de Danièle, c’était une histoire d’énergie à retourner comme un gant. Même si tout va bien, parce qu’elle a de l’argent, un mari, une famille, des amis... Tout lui apparaît comme une coquille vide quand elle réalise que ses petits-enfants n’auront bientôt plus besoin d’elle. Elle veut leur plaire absolument, les séduire, elle en rajoute. Rien à faire, ils s’en fichent parce qu’ils ne la voient pas. Elle est dépossédée de tout, perdue au bord de la vieillesse.

CLAUDE BRASSEUR

J’aime beaucoup Claude Brasseur, je l’ai souvent croisé. On a joué plusieurs fois ensemble, dans Une belle fille comme moi, et bien avant ça, Le Clair de lune à Maubeuge. Il nous a fait le cadeau d’accepter ce petit rôle, parce qu’il voulait, comme il l’a dit à Olivier, tourner de nouveau avec moi. C’étaient des retrouvailles, une bouffée d’air pour moi comme pour le personnage. Quand Claude apparaît dans le film, il a un peu l’air d’une guest star, une espèce de mythe. Tout d’un coup, la scène prend une autre dimension. On n’est plus seulement dans l’histoire, mais dans une histoire de cinéma.

LES PETITES VACANCES, QUELLES TRACES ?

Je suis comme une bande magnétique, quand un rôle est fini, j’efface et je repars à zéro, je passe au suivant. Certains restent accrochés à des rôles et ne peuvent plus s’en sortir. Moi, je ne fonctionne pas comme ça. Heureusement, j’ai le théâtre qui est une discipline, qui est plus revigorant que le cinéma, parce que c’est terrible de n’être qu’une chose au cinéma. Mais je dois dire que ce film m’a fait beaucoup de bien, pour son exigence, l’enjeu qu’il représentait pour moi et aussi, parce qu’il coïncide avec mes cinquante ans de cinéma, le sentiment d’avoir fait ma boucle, d’avoir eu tous les âges à l’écran. Même si je ne tourne plus jamais de film, il y aura celui-là...




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